Woippy, le 19 mars 2008
Cher Maître,
Comment vous appelez : Maître ? Monseigneur ? Professeur ? A moins que Excellence ne soit ce qui vous convient le mieux.
Vous me pardonnerez, si j’ignore le titre honorifique qui vous revient, mais j’espère que vous ne vous en offenserez pas. Vous êtes un homme et aucun homme,
parmi tous ceux que j’ai rencontrés jusqu’ici ne s’est jamais froissé qu’on l’appelle Maître.
Monseigneur peut-être ?
Mais oui, c’est encore mieux. Mais ce sera cher Maître. Je suis, encore impressionné qu’un personnage aussi
éminent que vous ait décidé de détruire quelqu’un comme moi.
Mais ne protestez pas si j’ai l’air de flatter quelqu’un comme vous. Mais la rumeur publique par la ville m’a fait comprendre quel homme important vous êtes. Alors que moi, loque usée, chez qui on coupe le courant, qu’on jette
hors de sa maison à cause de son extraction sociale, et qu’on dénigre à tout bout de champ parce que pas vêtu à la dernière mode de chez Dior ou de chez Prada mériterait l’humiliation de quelques
blancs en mal d’affirmation de leur suprématie voudraientt me voir dans un tribunal.
Est-ce bien cela ? voilà un avenir pas très reluisant pour moi. Mais si cher Maître vous en avez décidé ainsi, je ne peux que me plier. Même si cela
n’est pas une chose facile.
Quoi ? cher Maître vous voulez savoir dans quel type d’appartement je vivais avant que votre courroux inexplicable me précipite dans cette petite pièce
où mon esprit borné ne comprend pas qu’on coupe l’électricité sans raison, et qu’on me rende visite sans m’avertir et qu’on veuille à tout prix me voir copuler méchamment avec quelques filles
nubiles afin de procréer des enfants ?
Est-ce bien cela ? Vous ne me demandez pas une chose facile. Je sais juste que des gens par la ville vont
pour dire que je suis d’une religion inférieure et que par conséquent, je ne devrais pas vivre sous le même toit que ma femme. D’ailleurs, ils ont mis toutes leurs forces à détruire mon couple. Et je crois qu’ils y sont parvenus. Vous les connaissez. Vous les fréquentez
certainement. , il vous arrive de prendre une collation avec certains d’entre eux. Ils ont une violence sournoise. Ils sont si fourbes.
Oui, oui, cher Maître, je retire ce que j’ai dit. Je ne voudrais pas fâcher un être aussi important avec des relations aussi imposantes.
Quoi ? vous voulez que j’aille plaider pour que l’on rétablisse l’électricité chez moi ? Mais, je n’ose pas. Rien que d’y penser, j’ai des
courbatures à l’idée des coups que certains des gens qui veulent me détruire parce que je n’ai pas fait d’enfants me donneront.
Vous savez, ils sont si malveillants. J’en ai rencontré un qui m’a dit qu’il était réfugié politique. Il prétendait être originaire de ma contrée natale. Je
ne le connais ni d’Adam, ni d’Eve. Je veux dire, il ne représente que lui même comme moi je ne suis que moi. Mais, il est réfugié politique quand même. Il a le verbe très haut. Et, il m’a demandé
de lui trouver une femme. Je ne savais pas que je gérais une agence matrimoniale.
Mais je vous fais encore mes excuses de vous parler de choses aussi terre à terre. Mais, avouez qu’un réfugié
politique que personne ne connaît pas dans son pays d’origine pour ses actions menées contre un gouvernement supposé anti-démocratique, cela ne court pas les rues.
Mais, c’est le genre à vous couper le courant avec une mine de pharisien. Aussi, je m’en méfie. Mais vous savez,
ils sont si méchants et si fourbes. D’ailleurs, un jour, il m’a demandé si m’a femme était noire. Question tendancieuse.
Comment ? vous voulez en savoir plus sur cet individu. Sur ce réfugié politique qui ne pense qu’à copuler sévèrement avec quelques filles de chez
vous plutôt que de penser à faire avancer la démocratie dans son pays ? C’est que, j’ai peur de mettre en péril ma pauvre existence.
Vous savez quoi ? Ils ont même réussi, à me mettre en contact avec une chinoise avec qui je suis supposé discuter sur le net en Anglais. Et pourtant, je
doute d’eux. Non ? vous ne me croyez pas ! Et pourtant, ils sont même allés jusqu’à dire que je
devrais être aux côtés de cette chinoise afin d’avoir une vie plus rose. Mieux, ils ont réussi à m’envoyer une photo d’elle afin de me montrer leur puissance. Comme je suis bête à manger du
foin. D’ailleurs, ils m’ont fait comprendre par un mail bien enlevé que le plus important était tout ce qui se passait au Darfur et non le fait que
l’on me coupait le courant chez moi à quelques jours d’une échéance capitale pour moi. Vous voulez avoir les détails de cette affaire ? Je veux
bien mais, cela une fois encore risque de mettre en péril ma pauvre existence. Je sais, je sais que mon quotidien n’intéresse personne et que je peux
aller tranquillement au diable et que tout le monde sera tranquille comme Baptiste.
Cette coupure d’électricité n’est-elle pas un moyen de m’empêcher de faire sereinement un examen auquel je postule ?
Comment, j’ose douter des gens aussi important qui ont des relations de poids ? Quel homme de peu de foi qui ose accuser de racisme des gens au-dessus
de tout soupçon. Que la honte soit sur moi. Mais, je n’irai pas m’humilier devant tant de bassesses. Discipline, autodiscipline voici ma devise. Je me
préparerai le jour, je dormirai la nuit sans lumière. Je mangerai quand je pourrai, un peu comme le loup et le renard de la Fontaine. Ma liberté n’est
pas à monnayer.
Abissiri Fofana
Woippy, le 19 mars 2008
Cher Maître,
Comment vous appelez : Maître ? Monseigneur ? Professeur ? A moins que Excellence ne soit ce qui vous convient le mieux.
Vous me pardonnerez, si j’ignore le titre honorifique qui vous revient, mais j’espère que vous ne vous en offenserez pas. Vous êtes un homme et aucun homme,
parmi tous ceux que j’ai rencontrés jusqu’ici ne s’est jamais froissé qu’on l’appelle Maître.
Monseigneur peut-être ?
Mais oui, c’est encore mieux. Mais ce sera cher Maître. Je suis, encore impressionné qu’un personnage aussi
éminent que vous ait décidé de détruire quelqu’un comme moi.
Mais ne protestez pas si j’ai l’air de flatter quelqu’un comme vous. Mais la rumeur publique par la ville m’a fait comprendre quel homme important vous êtes. Alors que moi, loque usée, chez qui on coupe le courant, qu’on jette
hors de sa maison à cause de son extraction sociale, et qu’on dénigre à tout bout de champ parce que pas vêtu à la dernière mode de chez Dior ou de chez Prada mériterait l’humiliation de quelques
blancs en mal d’affirmation de leur suprématie voudraientt me voir dans un tribunal.
Est-ce bien cela ? voilà un avenir pas très reluisant pour moi. Mais si cher Maître vous en avez décidé ainsi, je ne peux que me plier. Même si cela
n’est pas une chose facile.
Quoi ? cher Maître vous voulez savoir dans quel type d’appartement je vivais avant que votre courroux inexplicable me précipite dans cette petite pièce
où mon esprit borné ne comprend pas qu’on coupe l’électricité sans raison, et qu’on me rende visite sans m’avertir et qu’on veuille à tout prix me voir copuler méchamment avec quelques filles
nubiles afin de procréer des enfants ?
Est-ce bien cela ? Vous ne me demandez pas une chose facile. Je sais juste que des gens par la ville vont
pour dire que je suis d’une religion inférieure et que par conséquent, je ne devrais pas vivre sous le même toit que ma femme. D’ailleurs, ils ont mis toutes leurs forces à détruire mon couple. Et je crois qu’ils y sont parvenus. Vous les connaissez. Vous les fréquentez
certainement. , il vous arrive de prendre une collation avec certains d’entre eux. Ils ont une violence sournoise. Ils sont si fourbes.
Oui, oui, cher Maître, je retire ce que j’ai dit. Je ne voudrais pas fâcher un être aussi important avec des relations aussi imposantes.
Quoi ? vous voulez que j’aille plaider pour que l’on rétablisse l’électricité chez moi ? Mais, je n’ose pas. Rien que d’y penser, j’ai des
courbatures à l’idée des coups que certains des gens qui veulent me détruire parce que je n’ai pas fait d’enfants me donneront.
Vous savez, ils sont si malveillants. J’en ai rencontré un qui m’a dit qu’il était réfugié politique. Il prétendait être originaire de ma contrée natale. Je
ne le connais ni d’Adam, ni d’Eve. Je veux dire, il ne représente que lui même comme moi je ne suis que moi. Mais, il est réfugié politique quand même. Il a le verbe très haut. Et, il m’a demandé
de lui trouver une femme. Je ne savais pas que je gérais une agence matrimoniale.
Mais je vous fais encore mes excuses de vous parler de choses aussi terre à terre. Mais, avouez qu’un réfugié
politique que personne ne connaît pas dans son pays d’origine pour ses actions menées contre un gouvernement supposé anti-démocratique, cela ne court pas les rues.
Mais, c’est le genre à vous couper le courant avec une mine de pharisien. Aussi, je m’en méfie. Mais vous savez,
ils sont si méchants et si fourbes. D’ailleurs, un jour, il m’a demandé si m’a femme était noire. Question tendancieuse.
Comment ? vous voulez en savoir plus sur cet individu. Sur ce réfugié politique qui ne pense qu’à copuler sévèrement avec quelques filles de chez
vous plutôt que de penser à faire avancer la démocratie dans son pays ? C’est que, j’ai peur de mettre en péril ma pauvre existence.
Vous savez quoi ? Ils ont même réussi, à me mettre en contact avec une chinoise avec qui je suis supposé discuter sur le net en Anglais. Et pourtant, je
doute d’eux. Non ? vous ne me croyez pas ! Et pourtant, ils sont même allés jusqu’à dire que je
devrais être aux côtés de cette chinoise afin d’avoir une vie plus rose. Mieux, ils ont réussi à m’envoyer une photo d’elle afin de me montrer leur puissance. Comme je suis bête à manger du
foin. D’ailleurs, ils m’ont fait comprendre par un mail bien enlevé que le plus important était tout ce qui se passait au Darfur et non le fait que
l’on me coupait le courant chez moi à quelques jours d’une échéance capitale pour moi. Vous voulez avoir les détails de cette affaire ? Je veux
bien mais, cela une fois encore risque de mettre en péril ma pauvre existence. Je sais, je sais que mon quotidien n’intéresse personne et que je peux
aller tranquillement au diable et que tout le monde sera tranquille comme Baptiste.
Cette coupure d’électricité n’est-elle pas un moyen de m’empêcher de faire sereinement un examen auquel je postule ?
Comment, j’ose douter des gens aussi important qui ont des relations de poids ? Quel homme de peu de foi qui ose accuser de racisme des gens au-dessus
de tout soupçon. Que la honte soit sur moi. Mais, je n’irai pas m’humilier devant tant de bassesses. Discipline, autodiscipline voici ma devise. Je me
préparerai le jour, je dormirai la nuit sans lumière. Je mangerai quand je pourrai, un peu comme le loup et le renard de la Fontaine. Ma liberté n’est
pas à monnayer
Abissiri Fofana